Les clubs de rugby qui forment des joueurs
XV de France

D'où viennent les Bleus ? Les clubs qui ont fabriqué le XV de France

1 novembre 2026 · 4 min de lecture

32 des 42 Bleus de novembre ont appris le rugby dans un club amateur. Saint-Pée, Magnoac, Bobigny, Seyssins : on a remonté le fil, club par club.

Sur les 42 joueurs du groupe France de novembre, 32 ont appris le rugby dans un club amateur. Écoles de rugby de village, Fédérale, Régionale : avant Marcoussis, il y a eu des terrains en pente, des maillots trop grands et des goûters à la buvette. On a remonté le fil, club par club.

Trois Bleus sur quatre sortent d'un club amateur

On a pris le groupe des 42 de novembre et regardé, pour chacun, le club où il a commencé. Le résultat devrait faire plaisir à tous les éducateurs bénévoles qui tiennent les écoles de rugby le samedi matin.

Niveau actuel du club formateurJoueurs
Top 14 et Pro D25
Nationale 22
Fédérale 15
Fédérale 2 et 39
Régionale 1, 2 et 311
Autres clubs amateurs (Outre-mer, petits clubs)5
Clubs ou lycées à l'étranger5

Seuls cinq joueurs ont débuté directement dans un club professionnel : Romain Ntamack au Stade Toulousain, Oscar Jegou à La Rochelle, Nolann Le Garrec à Vannes, Reda Wardi à Montpellier et Guillaume Cramont à Dax. Côté France, les 32 autres sont passés par un club où l'entraîneur des moins de 10 ans était aussi le gars qui tenait la buvette le dimanche.

Les belles histoires du dimanche matin

Saint-Pée-sur-Nivelle, le village aux deux Bleus. C'est le seul club à placer deux joueurs dans le groupe. Charles Ollivon et Maxime Lucu, nés la même année, ont fait leurs premières passes ensemble au Saint-Pée UC, dans ce village basque d'environ 7 000 habitants. Le père d'Ollivon y entraînait l'école de rugby. Vingt-cinq ans plus tard, les deux copains de l'école de rugby se retrouvent en bleu. On connaît des buvettes qui ont fêté ça plus d'une fois.

Castelnau-Magnoac, le berceau du capitaine. Antoine Dupont a appris le jeu au Magnoac FC, dans les Hautes-Pyrénées, un club aujourd'hui en Fédérale 3. Le capitaine des Bleus est sorti d'un village de quelques centaines d'habitants.

Bobigny, la preuve par le 93. Cameron Woki a commencé à l'AC Bobigny 93, club de Régionale 3, le mercredi et le samedi avec son frère, avant de filer à Massy puis à Bordeaux. La Seine-Saint-Denis n'est pas réputée pour ses mêlées, et pourtant.

Seyssins, le casque rouge. Louis Bielle-Biarrey a débuté à cinq ans au RC Seyssinois, près de Grenoble, où son père était éducateur bénévole. Il a rejoint le FC Grenoble à 13 ans. La suite, avec ses records d'essais dans le Tournoi, tout le monde la connaît.

Auch, l'école du Gers. Grégory Alldritt, de retour dans le groupe, a été formé au FC Auch, aujourd'hui en Nationale 2. Un club historique qui continue de sortir des troisièmes lignes.

Le Sud-Ouest fournit, le reste du pays suit

Sans surprise, la carte penche fortement d'un côté. La Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie ont formé à elles deux 24 des 42 joueurs, plus de la moitié du groupe.

Région du club formateurJoueurs
Nouvelle-Aquitaine13
Occitanie11
Île-de-France3
Auvergne-Rhône-Alpes3
Pays de la Loire2
Nouvelle-Calédonie2
Provence-Alpes-Côte d'Azur1
Bretagne1
Étranger5
Non renseigné1

Mais regardez le bas du tableau. Bobigny, Versailles et Maurepas pour l'Île-de-France, Cholet et Angers pour les Pays de la Loire, Aix-les-Bains, Seyssins et Issoire côté Alpes et Auvergne, Vannes en Bretagne. Le rugby français se fabrique aussi loin des poteaux de Toulouse et de Bayonne.

Mention spéciale au Pays basque et au Béarn, qui alignent à eux seuls Saint-Pée, Bayonne, Billère et Garlin. On n'ira pas jusqu'à dire que l'eau du robinet y est différente, mais on pose quand même la question.

Ceux qui ont appris ailleurs

Un talonneur et un pilier viennent du bout du monde, tout en restant en France : Peato Mauvaka et Sipili Falatea ont tous deux débuté à Dumbéa, en Nouvelle-Calédonie. Le Pacifique continue d'envoyer des avants qui poussent fort.

Cinq autres ont fait leurs gammes hors de France, souvent dans des lycées où le rugby est une religion :

  • Thomas Staniforth, deuxième ligne de Castres, à la Canberra Grammar School en Australie ;
  • Jeremy Ward, centre du Stade Français, à la Grey High School en Afrique du Sud. Invité dans le groupe, il ne sera sélectionnable que l'an prochain ;
  • Tyler Duguid, deuxième ligne de Montpellier, aux Edmonton Nor'Westers, au Canada ;
  • Aaron Grandidier Nkanang, ailier de Pau, aux Old Elthamians, dans le sud de Londres ;
  • Tevita Tatafu, troisième ligne de Bayonne, dans un lycée des Tonga.

Leurs parcours ont ensuite croisé la route du Top 14, puis celle de Marcoussis. Le maillot bleu se gagne aussi par ces chemins-là.

Et votre club, il a déjà sorti un Bleu ?

Ces 42 parcours rappellent une évidence qu'on oublie un peu en regardant les tests du vendredi soir : le XV de France tient debout grâce aux clubs amateurs. Aux éducateurs du samedi matin, aux parents qui font le taxi, aux bénévoles qui lavent les maillots.

La plupart des clubs cités ici ont leur fiche sur Rugby et Compagnie, avec ses joueurs passés en équipe de France. Et avant France-Fidji le 7 novembre, vous pouvez toujours essayer de faire mieux que Galthié en devinant la compo de départ.

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